Suite à la scission de ce sujet et à l'ouverture d'un débat,
je poste ma réponse ici et non en MP comme annoncé.
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(Message initialement destiné à être adressé par MP à JazzFinder)
Salut,
Je ne suis pas non plus un chercheur de polémique (attitude stérile et fatigante),
mais j'ai toujours plaisir à discuter avec quelqu'un qui fait preuve de culture, d'arguments et de recherche.
Aussi, me permettè-je de répondre à ton dernier message.
Cependant, ces derniers s'entendent tous sur quelques points:
1. Le teme nègre et tous les termes associés ne doivent être employés
que dans une
perspective historique reliée aux
Noirs.
C'est ainsi qu'on pourra évoquer négresse, négrillon(ne) et négrier.
négrier n'a pas le côté péjoratif qu'ont nègre, négresse et négrillon.
Du moins, pas en tant qu'élément de vocabulaire.
Négrier reste péjoratif du fait de sa signification, bien sûr ! (et c'est un euphémisme)
2- Négritude fait référence à l'ensemble des valeurs culturelles des
Noirs, et revendiquéés
par eux.
Absolument !
L'utilisation par analogie à des peuples
non noirs, doit se faire
entre guillemets, chevrons ou italiques - désignant ainsi un anachronisme.
3- Nègre, utilisé en préfixe, tel négro-africain, négro-américain, negro spiritual, etc...
n'a rien de péjoratif ou de diminutif puisque l'usage sert à préciser une origine géographique, ethnique ou culturelle.
Absolument !
4- Nègre, utilisé en mode contrastant, comme nègre blanc, est accepté,
puisqu'il ne s'agit pas d'un diminutif ou d'un aspect raciste envers les Noirs.
Exemple: Nègre blanc, qui vise à concilier des avis contraires ou inconciliables.
De même, lorsqu'on fait réfèrence à une exploitation, dans le sens précis suivant:
personne qui effectue anonymement une tâche, sans signer son travail, pour le compte de quelqu'un d'autre.
Je n'avais pas évoqué ce point, ce qui est impardonnable vue mon implication dans la littérature... 
(J'ai moi-même fait le nègre...)
5- Négroïde...est prohibé puisqu'il s'agit d'un terme diminuant, péjoratif et raciste.
Sauf en sciences (biologie, ethnologie,...) où l'on identifie par ce type
les caractéristiques physiologiques et morphologiques des noirs.
6- Enfin,
toutes les
utilisations familières sont déconseillées
puisqu'elles sont jugées dégradantes pour une population donnée:
travailler comme un nègre (noir), gérer une entreprise comme un négrier, etc...
C'est là que nous sommes en désaccord.
"Négrier" est une extension de sens très courante et son utilisation pour dénoncer les pratiques
d'un employeur peu scrupuleux ou d'une personne qui exploite les autres est tout à fait admise,
et ne nécessite aucune précaution particulière.
Il est aussi une précision que je crois important d'apporter :
nous savons tous deux que le Québec et la France parlent des langues proches, mais différentes.
Les québecois ont su préserver "leur" français de l'invasion de termes anglophones et je leur en sais gré.
Il est également notoire que certains termes, pourtant identiques, prennent une signification différente
ou, plus simplement, s'inscrivent dans un registre d'utilisation différent, selon la rive atlantique qui l'utilise.
Ainsi, en France, personne ne s'est jamais indigné que je dise à un proche "Embrasse les gosses pour moi" !

Tandis qu'à Montréal où je me suis malicieusement amusé à le tester, j'en ai fait sursauter plus d'un !
En outre, même si le sens d'un mot reste identique au Québec et en France,
son usage et son mode d'utilisation appartiennent explicitement à la culture du lieu.
Ainsi, les affirmations que j'ai apportées sont vérifiées pour la France.
Je ne serai pas surpris qu'au Québec, certaines considérations fussent différentes.
Il ne faut pas non plus négliger l'utilisation du terme "nigger" chez vos voisins états-uniens.
Si la population noire nord-américaine utilise le terme "nigger" à son endroit, sans sourciller,
alors que ce terme porte une connotation extrêmement raciste dans la bouche d'un blanc,
il n'en est pas de même en France où ce terme est péjoratif pour tous, même employé par un noir !
C'est un mot offensant en toutes circonstances et donc tabou.
En revanche, négrier est utilisé de façon beaucoup plus "légère"
et, dans la mesure où il dénonce un esclavagiste sans offenser ses victimes,
est d'un usage tout à fait courant et accepté par tous : blancs, noirs et autres.
Sorti de son contexte historique, ce terme ne porte en effet plus aucune signification raciste.
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Pour terminer, je dirai que le "politiquement correct" est un fléau
qui repose sur une formidable hypocrisie de circonstance
où l'on utilise des termes pédants, pompeux, voire inappropriés
en remplacement de termes existants, simples et explicites,
au prétexte de ne pas choquer, de ne pas froisser...
Comme me l'avait autrefois confirmé un de mes anciens voisins à canne blanche et lunettes noires :
"Les non-voyants, c'est un mot inventé par les journalistes pour les cons. Moi, je suis aveugle. C'est clair, non ?"
Clair, en effet...
